Comment le cinéma reflète-t-il la mondialisation culturelle ?

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1. La domination Hollywoodienne.

Doc 1.1. L’industrie mondiale du cinéma

Source : Histoire, géographie, EMC, CAP, Magnard-Delagrave, 2015

Doc 1.2. La part des films américains dans les box-offices en 2014

 

Source : Histoire, géographie, EMC, Foucher, coll. « Les nouveaux cahiers CAP », 2016

Doc 1.3. La puissance d’Hollywood

Source : d’après R.É. Dagorn, Sciences Humaines, 2010.

Doc 1.4. Les 10 meilleures entrées en France en 2013

Doc 1.5. La répartition des entrées dans l’Union Européenne en fonction du pays d’origine

2. L’exception française


Doc. 2.1. La vitalité du cinéma français

Doc 2.2. L’invention du cinéma et déjà un développement mondial

La première projection cinématographique a lieu à Paris en 1895. Le cinéma s’engage alors dans deux directions divergentes : la science alliée au réalisme des frères Lumière, l’imaginaire de Georges Méliès. Avant 1914, les grandes compagnies de production cinématographiques sont nées : Pathé et Gaumont en France, Fox, Mayer et Warner aux Etats Unis. Viendront ensuite Hollywood et United Artists (1919).

ADDA J. (1996), La mondialisation de l’économie,

1. La genèse, Repères, n° 198, La Découverte

Doc 2.3. Le cinéma français en danger ?

Pour une industrie qui, contrairement à la musique, s’est régulièrement vécue « en crise », le cinéma français présente, à l’égard des autres industries de l’immatériel, une caractéristique importante : il offre apparemment une bonne résistance à la domination américaine. Ce constat peut être étayé par plusieurs éléments. Tout d’abord, le volume des productions nationales reste soutenu depuis plusieurs années et atteste, par le nombre des premiers films, une capacité indéniable de renouvellement. Ensuite, la fréquentation se maintient à un bon niveau et les productions nationales réussissent à conserver une part de marché significative, faisant quasiment jeu égal avec les films américains, contrairement à ce que l’on observe dans la plupart des autres pays. Ainsi, sur le marché français en 2004, la part des films nationaux (dans le total des recettes) est de 38 %, celui des films américains de 48 %. À l’inverse, la présence américaine est bien plus marquée dans le reste de l’Europe, où elle atteint 71 % du marché intérieur. Enfin, le dernier constat positif concerne la part de marché des films français à l’étranger. Selon UniFrance, les performances du cinéma français dans le monde atteignent même un record en 2005, avec 74 millions d’entrées (contre 44 millions en moyenne les neuf années précédentes). Grâce au succès de La marche de l’empereur (qui a représenté à lui seul la moitié des ventes), les États-Unis ont représenté 125 millions de recettes, sur un total de 369 millions. Les spectateurs américains peuvent donc voir des films français, même si c’est surtout pour voir des pingouins (avec musique et montage revus et corrigés en vue d’une adaptation au marché américain).

Pierre-Jean Benghozi, Le cinéma français en danger ?,  

Pôle de recherche en économie et gestion de l’École polytechnique, 2008.

Doc 2.4. Les cinémas européen et français

Le cinéma est devenu au XXème siècle la forme d’art la plus répandue, supplantant largement la peinture et la lecture, le théâtre et l’opéra. Chaque année, des milliards de spectateurs se pressent dans les salles obscures pour passer un moment de rêve et s’extraire de l’ordinaire. Toutes les classes sociales sont présentes, tous les âges, toutes les nationalités. Cadre de références communes, lieu d’échanges et d’apprentissage, ouverture aux autres cultures, le cinéma représente bien plus qu’un simple divertissement. […]

Dans sa concurrence avec l’Amérique, l’Europe souhaiterait avoir le formidable atout que constitue une industrie culturelle surpuissante et qui sert infiniment la diffusion du modèle de civilisation de son pays d’origine. Mais l’Europe demeure plurielle, le cinéma européen peine à éclore autant que l’identité européenne, et les frontières cinématographiques existent bel et bien dans ce continent.

En son sein, la France fait figure à part. Seul pays à vouloir vraiment tenir tête à l’hégémonie mondiale du cinéma américain, elle est aussi, dans une certaine mesure, le seul pays du continent qui y arrive. Des politiques volontaristes ont su préserver une industrie du cinéma qui a disparu ailleurs. Mais si, à l’instar de l’automobile, la France a été un pays précurseur dans le cinéma et trônait devant les Etats-Unis au début du XXème siècle, force est de constater que l’Oncle Sam l’a depuis longtemps largement dépassée, et le combat s’avère inégal contre une industrie bien rôdée et sûre d’elle.

L’enjeu est, au fond, de savoir ce que représente le cinéma. Au-delà de l’art, au-delà de l’industrie, c’est le mode de vie et la culture des peuples du monde qui se trouvent influencés par le cinéma dominant. L’identité culturelle de chaque pays doit-elle être protégée de l’influence de cette culture globale, bien que cela paraisse aller contre la marche du temps ?

Laurent Creton, Cinéma et marché, Armand Colin, Paris, 1997