Le deuxième film selectionné est The Square de Ruben Östlund. Palme d'Or 2017:

the square

Les critiques :

Les nôtres :

« Bienvenue dans la jungle.

Vous allez vous retrouver face à un animal sauvage.

Chacun sait que l’instinct de chasse est réveillé par la faiblesse.

Si votre peur se manifeste,

l’animal vous traquera.

Si vous restez parfaitement immobile,

l’animal ne vous remarquera peut-être pas.

Cachez-vous dans le troupeau,

En sachant pertinemment qu’un autre sera la proie. »

 

-Voix off-

 Comment interpréter cela ? Égoïsme, peur ou peut être même souffrance.

A l’arrivée de cet homme ou plus tôt de ce singe, une scène assez drôle semble se préparer. Pour l’exposition en quelque sorte, une moquerie, mais cela reste du spectacle.

Mais non. Tout prend une autre tournure.

Ça va trop loin, beaucoup trop loin. Malaise. Une envie de partir de la salle et de juste tout oublier, sortir de ma tête. Or cette scène fait réfléchir : une sorte d’obligation d’y repenser. Alors voilà, cet « Homme singe » va agresser une femme, d’où cette sensation qu’il va trop loin.

Mais ce n’est peut-être pas ça qui ma autant touchée.

C’est le fait que personne ne bouge, ne fasse rien. Ils la laissent dans cette torture. Mais comme à un spectacle, ils la regardent se faire humilier. Enfin au bout d’un long temps insupportable les spectateurs se lèvent, vont frapper cet « Homme » cruel.

Noir. On ne voit plus rien, la scène s’arrête et me laisse en suspens.

Elise Durand

 

THE SQUARE : morceaux choisis

The Square est un long métrage sur une comédie dramatique réalisé par Ruben Ostlund qui raconte l’histoire d’un conservateur bobo du musée d’art contemporain préparant une nouvelle exposition : « The Square ».

Le but est de placer un carré sur la place principale de Stockholm, qui représente un endroit de confiance et de bienveillance, avec le même droit et devoir sur la confiance et la solidarité. Dans le même temps Christian est victime du vol de son téléphone et de son portefeuille, il en devient fou. De plus une entreprise de communication crée le buzz avec une vidéo choquante dont il n’a pas vraiment connaissance du lancement. Au fur et à mesure, des scènes inattendues, drôles et choquantes se nouent à l’art, aux musiques et à la dure réalité de la vie.

Léa SEURRE

 

« The Square » est une œuvre qui prône l’indulgence et la bonté envers autrui. Mais malgré toute notre volonté il est difficile de s’y tenir comme nous le montre une des premières scènes du film. Le matin dans une rue de Stockholm, une femme s’engage à sauver des vies dans d’autre pays en distribuant des prospectus associatifs. Les piétons, loin d’être intéressés, refusent d’un simple signe de main et passent leur chemin. Au même moment des sans-abris dorment sur le trottoir. J’aime beaucoup cette scène car elle est un exemple de tous les jours. Le réalisateur a accentué le style vestimentaire, ainsi la jeune fille a une allure plutôt bohême alors que les passants sont tous en costume ce qui créé un contraste exagéré. De plus, ce qui est paradoxal, c’est que les hommes d’affaires ne voient pas la femme et celle-ci ne voit pas les mendiants, ce sont des poupées russes qui s’emboîtent.

Je trouve ce passage intéressant car même la jeune femme ne respecte pas vraiment ses valeurs en n’aidant pas les personnes à côté d’elle.

Le réalisateur nous met directement dans l’ambiance du film et nous emmène sur l’humour noir de notre humanité.

Lucile BOUIX

L’une des scènes qui m’a le plus marqué dans The Square est celle du vol. Christian marche sur une place en direction du musée quand il entend une femme appeler « Au secours ». C’est assez perturbant car on ne sait pas si c’est réel. La voix est en dehors du champ quant on entend un second appel d’autre personne qui se retourne, Christian est assez confus on voit enfin entrer dans le champ le femme paniquée, terrifiée par quelque chose ou quelqu’un. Un autre homme intervient pour aider Christian quand un troisième homme apparaît. On perd de vue la femme qui se cache derrière Christian, le vol s’effectue à cet instant puis le troisième homme s’en va encore choqué par ce qu’il vient d’arriver.

Alexis SAADANI.

Christian distribue les lettres dans l’immeuble. L’ambiance est sombre avec une musique de fond calme et entraînante ce qui contraste avec le bruit des boîtes aux lettres. Ce vacarme crée un rythme stressant et angoissant car plus il distribue, plus lui aussi change de comportement : il est conscient qu’il fait quelque chose de pas correct.

Julie MORGAN.

 

C’est une dame seule, mal habillée et désespérée qui est assise par terre à côté d’un supermarché. Ce qu’elle souhaite, c’est qu’on vienne l’aider mais chacun l’ignore et l’évite comme un vulgaire papier.

Christian la voit, il la prend en pitié. Elle, provocante, l’oblige à lui payer à manger. Nous spectateurs sommes choqués de voir qu’aucun remerciement n’a été fait.

Mais elle, ce qu’elle veut c’est de l’argent afin de se reconstruire et tout recommencer. Pas de la pitié, pas de la condescendance. Comprenant son message plus tard dans le film, Christian se remet en question et va la voir pour lui donner de l’argent. Ainsi il respecte enfin l’une des nombreuses valeurs humaines et fait le bonheur de cette dame mal comprise.

Louise SORIA

 

Un homme pendant une interview sort des insultes. Personne ne sait comment se comporter.

Est-ce qu’en étant atteint du syndrome de Tourette, on devient une personne infréquentable ?

                                                                                                                         Audrey SAVOIE

 

Christian fait un discours aux plus grands investisseurs du musée puis invite tous ses convives à le rejoindre à un buffet. C’est au tour du cuisinier de présenter son menu. A ce moment nous pouvons entendre que hors champ, tout le monde est en train de partir, on voit le cuisinier se faire bousculer. Emportés dans l’effet de groupe, les personnes en bas de l’escalier quittent la salle alors que le cuisinier continue de réciter son menu.

Le cuisinier fou de rage que personne ne se préoccupe de lui hurle un magnifique « Shut up ! » qui stoppe net toute la foule, puis reprend la dernière phrase de son discours et finit sur un « bon appétit » qu’il a du mal à dire.

Les gens de cette classe sociale ne se comportent pas de façon adéquate pour vivre en société. Ils soutiennent de belles valeurs mais ils ne les respectent aucunement dans leur faits et gestes. J’aime la réaction du cuisiner.

Louis-Grégoire VINAY

 

La scène m’ayant le plus marqué est la scène de sexe entre la journaliste et le personnage principal (Christian). Du moment où il déballe le préservatif jusqu’à la fin de l’acte nous pouvons constater qu’il n’y a aucune « vraie » envie, aucune complicité, c’est tout juste s’ils s’échangent quelques baisers. Christian pendant l’acte ne la regarde pas directement, il préfère regarder autour d’elle. Cette façon de faire représente bel et bien le manque de sensualité entre les deux personnages.

Le moment final reste quant à lui inattendu : Christian refuse de lui confier le préservatif usagé par manque de confiance en elle et par crainte, pense-t-on, qu’elle s’en serve contre lui. Une fois de plus, le réalisateur nous ramène sur le sujet principal du film « Peut-on faire confiance à l’Autre ? ».

                                                                                                          Stéphane DEPAS

 

 

La séquence de l’homme-singe voulait montrer ce qu’est un homme sans limite. Cette scène est révélatrice du but de ce film. Tout le long, nous avons vu que les personnes se manquaient de respect, qu’elles étaient égoïstes, lâches, imbues de leur personne et indifférentes.

Théo CORCEIRO LEAL

 

 

Christian est dans un centre commercial avec ses deux filles. Il les perd. Il demande de l’aide à un mendiant pour faire garder ses sacs et c’est le seul qui accepte. Les personnes qui ont plus de bien sont souvent moins accessibles et moins disponibles que les plus pauvres.

Emilie CONTI.

 

 

Quand le personnage principal pousse le petit garçon dans l’escalier uniquement parce qu’il demande des excuses de sa part, cela montre clairement que les valeurs de ‘‘The square’’ lui passent totalement au-dessus. Ensuite il entend le jeune crier « au secours » dans sa tête : Christian regrette.

Mais il découvre qu’il n’y a plus personne dans l’escalier, le cri dérangeant est dans son inconscient. Alors, cela lui fait prendre conscience que son comportement vis-à-vis des autres est totalement inapproprié et décide de chercher son numéro pour lui demander des excuses.

Sacha BRECHOTTE

 

Christian doit chercher dans les poubelles le numéro de téléphone d’un petit garçon qu’il a injustement accusé. L’ambiance, la météo est parfaitement accordée avec celle de la scène. C’est la nuit. Il pleut des cordes. La caméra est face à Christian et puis en plongée, dans les ordures : on comprend que quelque chose a changé chez lui. Cette scène où il est dans les ordures a pour moi des liens avec d’autres scènes du film ou Christian cherche. On voit les gouttes d’eau, ça rend la scène magnifique.

                                                                                               Gaëtan TARDIEU

 

 

Dans la scène de l’escalier, le caméraman film d’une façon particulière, en plongée, il suit l’acteur dans sa descente oppressante et rapide.  L’escalier est en colimaçon, assez rare aujourd’hui, inhabituel. A ce moment-là, il n’y a pas de bande son, on entend juste les bruits des talons de ses chaussures et son souffle accéléré. Les portes claquent, la lumière grésille, elle est terne et rend le lieu glauque. Cette scène nous bouscule car elle nous transmet très bien l’oppression et le stress du personnage. Grâce au grand écran, j’ai pu encore mieux me laisser embarquer avec eux : l’acteur et le caméraman. Nous suivons le personnage en courant, nous paniquons, il ne faut pas tomber : il faut se concentrer.

Cette cage d’escalier est le reflet de l’histoire du film, la descente menant le spectateur à s’imposer la dure réalité de la société qui est aujourd’hui cruelle. Et la forme carrée de cette cage, cette forme qui nous rappelle le titre et donc l’objet principal du film : The Square, qui est censé protéger les vraies valeurs primaires de l’homme : le respect, la fraternité, la paix et l’égalité.        

                                                                                               Maud BOUCHET

 

Dans la scène où Christian retourne chercher le petit garçon dans son immeuble, on se rend vite compte qu’il est trop tard. A plusieurs reprises, il a repoussé le garçon, ne voulant pas lui faire d’excuses pour les menaces qu’il lui avait faites, sans raison.

Il fait tous les étages de l’immeuble, ses deux filles derrière lui. Il est trop tard, le petit garçon et sa famille sont partis. Cette scène nous apprend que même si nous avons de bonnes intentions, le moindre événement peut vite nous faire changer d’avis. Christian se rend compte trop tard de ses actes, et n’arrive pas à réparer son erreur à temps. Le bien, il faut le faire immédiatement.                                              

Manon LAPEYRADE

 

 

 

TELERAMA : 

The Square de Ruben Ostlund - (2017) - Film - Drame, Comédie dramatique - L'essentiel - Télérama.fr

Par Guillemette Odicino;Samuel Douhaire POUR La Palme d'or de cette année risque de faire naître bien des débats houleux dans les dîners en ville. Ce genre de dîners, justement, qui sont le lot quotidien de Christian, le conservateur quadragénaire d'un grand musée d'art contemporain de Stockholm.

http://www.telerama.fr

 

The Square : Palme d'or à Cannes 2017 - la critique (contre)

Après le prometteur Snow Therapy, Ruben Östlund scrute l'indifférence du monde contemporain au travers d'un système de mises en abyme d'une tautologie prétentieuse et étouffante. Malgré quelque chose d'assez stimulant intellectuellement, le cinéaste se perd en chemin si bien que l'on en oublie le pourquoi de l'intrigue et du destin des protagonistes.

https://www.avoir-alire.com